Accessibilité Contact Aller au menu Aller au texte

Pour une convergence des politiques Open Source à la hauteur des nouvelles ambitions des collectivités territoriales.

Intervenant(s) : Jean-Pierre Troeira
Date : Mercredi 7 juillet 2010 Horaire : 11h00 Durée : 40 minutes
Lieu : ENSEIRB - Grand Amphi

Les nouvelles propositions de loi de financement vont contraindre les collectivités territoriales à optimiser leurs dépenses de fonctionnement. Parmi les orientations à moyen terme qu’il serait possible de favoriser figure celle consistant à davantage mutualiser les solutions informatiques à l’échelle des structures ayant des besoins analogues. Les logiciels développés sous licence Open Source disposent d’atouts indéniables pour répondre à cet objectif à condition qu’une gouvernance efficace s’organise entre les collectivités volontaires, fondée sur une perception bien comprise de l’intérêt général.

Le rapport que M. Pierre Jamet, Directeur Général du Rhône, a récemment remis Premier Ministre sur l’état des finances des départements, liste une série de constats et préconisations visant à améliorer l’efficacité de leurs dépenses. Même si une seule page est consacrée aux TIC, cette dernière est suffisamment explicite quant aux marges de manœuvre importantes dont disposent les départements pour accroître le degré de mutualisation de leurs outils informatiques.

Les quelques projets de développement menés en coopération sont restés trop peu nombreux et n’ont surtout pas posé les bases, tant en termes de définition de standards technologiques que de modèles de gouvernance, d’une extension significative des initiatives inter-collectivités.

Dans ce contexte où les choix informatiques sont de façon grandissante guidés par des préoccupations financières, la mise en œuvre de solutions métiers développées au sein d’une communauté Open Source doit aujourd’hui être considérée comme une opportunité pour les collectivités d’accélérer la modernisation de leurs services à un coût juste et maîtrisé.

Outre la pression budgétaire, plusieurs autres facteurs concourent à ce constat :

  • La maturité des technologies issues du monde Libre n’est plus à démontrer
  • La compréhension des intérêts véritables de l’Open Source s’est bien développée
  • Des expériences réussies ont accru la crédibilité de la démarche

Le secteur public, et plus particulièrement celui des collectivités territoriales, constitue un réseau étendu de partenaires potentiels, dotés d’ambitions de modernisation similaires et pouvant s’appuyer sur un socle législatif facilitant la mutualisation des moyens.

Cet écosystème où les principes de concurrence font place à un souci d’efficacité des politiques publiques, devrait donc s’avérer propice aux méthodes de travail issues de l’Open Source.

Force est pourtant de constater que la part des solutions applicatives issues du secteur public, libres de droits d’usage, développées et maintenues en commun, restent à un niveau insatisfaisant.

Parmi les freins limitant leur expansion, l’absence de dispositif assurant leur gouvernance tient une place prépondérante

A l’instar des logiciels propriétaires, dont la pérennité repose sur la solidité des entreprises qui les produisent, les solutions développées sous licence Open Source ne peuvent puiser leur force que de la solidité de la communauté qui les a fait naître.

Cette exigence, qui s’applique également dans le monde public, doit donc nécessairement aboutir à la mise en place, dès l’initiation d’un projet Open Source, d’une structure de pilotage dédiée ayant notamment vocation à :

  • Préciser les orientations et la feuille de route de la solution,
  • Définir le processus de prise de décisions,
  • Définir les droits et devoirs des adhérents,
  • Proposer différents modes de contribution,
  • Organiser le travail des contributeurs par une répartition cohérente des rôles,
  • Animer la communauté et développer la solution en augmentant sa notoriété.

En raison de la nature même de ces activités et de charge de travail considérable qu’elles peuvent représenter, il serait souhaitable de les confier à une entité tierce, garante de l’impartialité des débats et de l’efficacité des actions.

Une convention, passée entre collectivités adhérentes, incluant ou non un dispositif d’achat groupé de prestations, pourrait s’avérer un dispositif contractuel adapté.

Intervenant

  • Jean-Pierre Troeira