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Entreprendre dans l’économie du logiciel libre sans trahir « l’esprit du Libre »

Intervenant(s) : Emmanuel Antoine, Arnaud Luquin
Date : Mercredi 7 juillet 2010 Horaire : 14h40 Durée : 40 minutes
Lieu : Bat. A22 - Salle 117

Résumé

Malgré sa progression, l’économie du logiciel libre reste, semble-t-il, dépendante du mécénat et du bénévolat. Les grandes entreprises, qui en font aujourd’hui la promotion, le font moins pour développer une société de la connaissance que pour contourner des situations de monopoles auxquelles elles doivent faire face. C’est aussi un moyen pour maintenir la mise à jour de certaines applications à moindre frais. Certaines sociétés ou informaticiens proposent des solutions libres d’accès pour se faire connaître, mais développent par ailleurs des solutions propriétaires.

Aborder le sujet de l’entreprenariat dans le milieu du Libre reste un sujet délicat, voire sulfureux. Il s’agit de la confrontation avec les réalités sociales et culturelles forgées par le modèle économique dominant, fondé sur la primauté du droit de propriété.

La communauté du logiciel libre est marquée par une identité qui s’affirme plus sur ce qui la distingue que sur ce qu’elle propose à l’ensemble d’une société pour un autre usage des technologies de l’information et des télécommunications.

Comme dans bien d’autres milieux militants, la communauté du Libre développe également une certaine forme de schizophrénie où la nature globale du projet l’exonère de l’examen de pratiques jugées singulières. Pour grossir le trait, c’est comme si des dirigeants de mouvements anti-capitalistes gagnaient leur vie comme d’efficaces dirigeants du secteur bancaire, ne sachant plus très bien s’ils rusent avec le système ou si le système se joue d’eux.

Poser la question de la rétribution du travail, notamment de celui des développeurs, c’est indéniablement avancer sur la question d’un modèle économique du libre qui soit autonome. Occulter la question, c’est prendre le risque de substituer au problème de la rétribution via les licences propriétaires des prestations de services après-vente - le risque étant de ne plus uniquement concevoir un logiciel en fonction d’un usage, mais de créer une dépendance marchande rendant nécessaire l’achat de prestations.

On s’éloigne ainsi de l’enjeu de partage des connaissances que défend le Libre. Pour que des solutions informatiques libèrent au lieu d’asservir, il faut donc se focaliser sur la maîtrise du contenu de son travail, la déontologie que l’on se donne en pensant son travail non pas seulement comme une fonction alimentaire, réduit à un emploi, mais comme un moyen de se réaliser

« Comment gagnez-vous votre vie ? » : C’est à partir de cette question que nous souhaitons animer l’atelier.

Bio

Emmanuel Antoine

directeur de "Quatre Mâts Développement", président de l’association "MINGA" (agir ensemble pour une économie équitable), et co-fondateur du REAS (Réseau de l’Economie Alternative et Solidaire).

Arnaud LUQUIN

Impliqué dans le libre dans le milieu des années 90, il intègre peu de temps après sa création un fournisseur d’accès internet local sous forme coopérative (Neuronnexion) dont il est toujours coopérateur.

Administrateur système, il évolue pour les clients grand compte dans divers services d’ingénérie d’opérateurs (Erenis, SFR, Numéricable etc …).

Il se concentre maintenant principalement sur les questions de téléphonie libre en collaboration avec CarrierClass.net à l’élaboration d’un service de téléphonie libre sur IP pour opérateur, mais surtout aux méthodes de construction de réseaux neutre en fibre optique chez l’habitant (FTTH, Fiber to the home).

Au début des années 2000, il participe à la création de plusieurs GUL en Picardie dont EPPLUG pour qui il assume la présidence jusqu’en 2009. L’EPPLUG organisa notamment les RMLL en 2007 à Amiens, Arnaud étant à cette époque président du comité d’organisation.

Impliqué également dans d’autres associations comme LAUTRE.NET dont il est l’un des administrateurs système, il milite également dans l’association FDN, fournisseurs d’accès associatif, dont il assume la vice présidence depuis quelques années.

En 2005, plusieurs opérateurs locaux de proximité de réseau et de service se rassemblent au sein d’une association nommée AOLPRS dont il intègre le bureau.

Documents joints

Entreprendre dans le libre.